Stéphanie

Je crois que certaines rencontres et discussions avec des jeunes et des adultes qui bégaient m’ont autant apporté que j’ai pu leur apporter comme orthophoniste. Leur dépassement de soi et leur courage de relever des défis quotidiennement m’ont parfois inspiré à pousser mes propres limites. 

Même pour une personne qui ne bégaie pas, l’expérience des exposés oraux ou de rencontrer de nouvelles personnes peut être anxiogène. Personnellement, ça m’a pris jusqu’à l’âge adulte avant d’être réellement à l’aise, voire heureuse, dans ce genre de situations. La vie est ironique : Quand j’ai commencé à travailler auprès d’enfants qui bégaient en centre de réadaptation, une pièce de théâtre avait été montée avec les jeunes volontaires âgés d’environ 6 à 12 ans. Le premier rôle a dû s’absenter quelques jours avant la pièce, ne laissant pas assez de temps pour qu’un enfant apprenne tous les dialogues. Les enfants avaient pratiqué, et leur famille avait hâte de les entendre. Ils relevaient un grand défi. J’ai accepté de jouer le personnage principal, presque la moitié du temps à genoux, devant un amphithéâtre rempli. J’étais tellement fière des enfants avec moi sur scène. À titre comparatif, à leur âge, j’avais le rôle d’un moulin dans une pièce de théâtre au primaire (oui, oui, un moulin gêné qui souffle). Je les ai trouvés inspirants, autant pour les personnes qui bégaient que celles qui ne bégaient pas, à relever des défis. J’étais réellement heureuse de pouvoir contribuer à ce qu’ils se sentent bien en communiquant et qu’ils gardent cette expérience en souvenir comme une victoire.  

En conclusion, que ce soit en raison du bégaiement, de l’anxiété ou de toute autre problématique, il n’y a pas d’âge pour sortir de sa zone de confort. On se sent tellement fier et grandi, et quand on peut redonner après, c’est magique.  

Stéphanie, orthophoniste